
Le championnat est terminé, de nombreux camps de basketball ouvrent leurs portes. Pourtant, rares sont ceux qui parviennent à créer un véritable environnement d’apprentissage où les joueuses progressent autant sur le plan technique qu’humain. J’ai eu l’occasion d’en vivre un de l’intérieur, en tant que coach invité lors du camp « I AM HER », organisé par Peter Rajniak.
« I’AM HER » est un camp entièrement consacré au développement des jeunes basketteuses.
Une équipe de coach passionnés, des invités exceptionnels et des jeunes joueuses prometteuses se retrouvent pendant 2 jours autour d’une même passion : le basket.
Pourquoi ce camp est-il nécessaire ?
- Ce qui distingue “I AM HER”, c’est d’abord son identité. Entièrement réservé aux jeunes basketteuses, le camp accueille des participantes de tous niveaux. Cette diversité est une richesse. Chacune progresse à son rythme tout en partageant le terrain avec d’autres joueuses venues d’horizons différents.
- Autre point fort : l’équipe d’encadrement. Tous les entraîneurs présents avaient une philosophie commune : transmettre.
- L’accessibilité et la disponibilité des invités : nos stars nationales.
Les invités : Anne Simon, Catherine Mreches, Ben Kovac, Malcolm Kreps, Ivor Keresevic.
- Développer la créativité
Les athlètes ont été poussées à exprimer leur talent en bénéficiant d’une véritable liberté d’initiative. Les consignes étaient expliquées, discutées et comprises, plutôt que simplement exécutées.
- Construire la confiance des jeunes basketteuses
Pendant ces deux jours, les entraîneurs et cadres nationaux ont eu comme fil rouge : « Have Fun », simple en apparence, ce message a pourtant eu un impact considérable sur la confiance des joueuses comme des entraîneurs.
- L’accompagnement individuel pour accélérer la progression
Les joueuses ont bénéficié de conseils individualisés sur des détails techniques qui feront la différence dans leur progression.
- L’exigence
L’enseignement ne doit pas se limiter au cadre de la compétition. Ici, la joueuse était au centre de son propre apprentissage.
- Une intensité proche de la compétition
Sans enjeu pas d’intensité ? Non ! L’intensité est indéniablement un des facteurs de succès de ce camp.
- L’ambiance
L’arrivée au camp se fait sur fond de musique où chacune et chacun peut y partager sa playlist tout au long de la journée.
Comme vous l’avez compris, tous les ingrédients étaient réunis pour que ce camp soit comme un matin de Noël pour ces joueuses mais aussi pour les coachs.

Le rôle du fondateur
Derrière ce projet se trouve quelqu’un qui vit le basket toute l’année. Cette passion se retrouve dans chaque détail : le choix des coachs, l’organisation des séances, l’attention portée aux joueuses et la volonté de créer un environnement bienveillant mais exigeant.
Peter Rajniak incarne un modèle de bienveillance et de partage en toute humilité.
Les coachs se mettent au service de l’événement peu importe leur palmarès, leur carrière ou leur nom. Ici, j’étais le plus jeune entraîneur à tout point de vue et personnellement j’étais comme un enfant un matin de Noël.
Pourquoi les camps sont utiles ?
- La découverte
Elles découvrent d’autres méthodes d’entraînement, d’autres façons de communiquer, un autre rythme de travail et de nouvelles partenaires. Cette ouverture est souvent aussi importante que le travail technique.
- La zone de confort
En participant, les athlètes acceptent d’entrer dans un nouveau schéma puisqu’elles sortent de leur zone de confort.
En effet, en camp, il y a un nouveau terrain, de nouveaux coachs, de nouvelles partenaires et enfin de nouvelles attentes.
C’est une excellente école.
- La répétition sous une autre forme
Nous connaissons tous ces camps ou encore ces séances d’entrainement où l’on doit enchaîner 20 rebonds ou 10 jab step, etc.
On a souvent l’impression que le coach devient le vigile de supermarché pendant qu’on exécute bêtement l’exercice. Ce que je veux dire c’est que trop souvent, les séances deviennent une succession de répétitions mécaniques où l’entraîneur finit par surveiller l’exécution plus qu’il n’accompagne réellement les joueuses.
Ici, les filles répètent les gestes, mais jamais de manière mécanique ou redondante.
Indubitablement, nous avions pour idée que la répétition devait se traduire dans le résultat et non dans la manière d’y arriver.
C’est ainsi que le camp devient un accélérateur en incitant les protagonistes à la créativité en toute liberté.

Ce que les clubs peuvent apprendre des camps de basketball
Les clubs ont beaucoup à apprendre de ce type d’initiative. Sans bouleverser leur fonctionnement, ils peuvent intégrer certains principes qui font la réussite d’un camp : laisser davantage de place à la créativité, encourager les joueuses à prendre des décisions plutôt qu’à appliquer des consignes, valoriser le droit à l’erreur et multiplier les échanges entre entraîneurs. Ces éléments contribuent à créer un environnement où l’on apprend davantage.
Mon expérience
Autant que je m’en souvienne, plus jeune, ces camps n’existaient pas pour les filles.
J’ai pu rencontrer, écouter, échanger, observer et apprendre notamment lors nos conversations pendant les pauses boissons, le lunch autour d’un saladier qui visiblement contenait trop pour nos petites assiettes. Il y avait comme un petit monde merveilleux.
Il y a eu durant ce week-end une forme de légèreté et de simplicité.
La fierté de Peter, qui, outre le fait de manager l’événement, il était aussi père d’une petite fille qui faisait son premier camp pendant ce week-end.
Les explications que Mike me donnaient simplement parce qu’il est dans le partage et l’accompagnement.
Ces échanges techniques avec Ari qui est dans l’humilité la plus simple.
Ces rires chaleureux avec Jil qui, elle, est la bienveillance absolue avec un humour et une autodérision dont on ne veut pas que ces moments s’achèvent.
Cette conversation avec Anne Simon sur ces matchs de qualifications et les émotions d’affronter une de ses joueuses préférées. Hors contexte : avez-vous déjà entendu quelqu’un l’appeler Anne, je veux dire, sans Simon derrière ? Je ne sais pas pourquoi mais nous avons tous la fâcheuse tendance à l’appeler Anne Simon, d’ordinaire, nous voulons tous utiliser des diminutifs pour les prénoms mais ici nous l’avons rallongé comme si c’était mot compte triple au Scrabble. D’ailleurs en rentrant, j’ai donné une des deux cartes d’Anne à ma fille en lui disant qu’Anne Simon la lui avait dédicacée.
Alain, un type bien qui traverse le terrain en corrigeant, encourageant les joueuses et une fois à côté de moi, il m’expliquait le but recherché sur le help side et le weak side. La pédagogie et le partage ainsi que sa bonhomie jusqu’à se tomber dans les bras pour l’un des au revoir les plus chaleureux à l’image de ce camp.
Papa d’une petite fille, je suis particulièrement fier de pouvoir contribuer à ce type d’événement et, à travers lui, au développement du basketball féminin.

Conclusion
Ce week-end m’a rappelé une chose essentielle : le basketball ne se résume pas à des systèmes offensifs ou à des exercices techniques. Il est avant tout une histoire de transmission. Les camps comme « I AM HER » offrent aux jeunes joueuses un espace où elles peuvent progresser, gagner en confiance et rencontrer des personnes qui marqueront leur parcours. Ils ne remplacent pas le travail réalisé tout au long de la saison en club, mais ils en constituent un formidable complément. Après avoir vécu cette expérience de l’intérieur, je suis convaincu que chaque jeune basketteuse devrait avoir la possibilité de participer au moins une fois à un tel camp.